Anorexie : un accompagnement à l'adolescence comme à l'âge adulte

Restreindre de plus en plus, compter, repousser l'assiette et sentir en même temps que quelque chose échappe. L'anorexie s'installe souvent sans bruit, chez une adolescente comme chez une adulte. Cette page s'adresse à vous si vous vous reconnaissez et à vous, parents, si vous vous inquiétez pour votre enfant.

Reconnaître l’anorexie

L’anorexie se manifeste par une restriction alimentaire qui s’intensifie, une peur intense de prendre du poids et une image de soi qui se déforme : le regard porté sur le corps ne correspond plus à la réalité. Peuvent s’y ajouter un besoin de bouger en permanence, une sensation de froid constante, un repli sur soi, une irritabilité nouvelle, des rituels autour des repas, parfois l’arrêt des règles.

Un point mérite d’être connu : l’anorexie existe aussi sans maigreur visible. Une restriction sévère ou une perte de poids rapide peuvent faire souffrir le corps quel que soit le chiffre sur la balance. Le trouble se mesure aux comportements et à la souffrance.

Ce que l’anorexie fait croire

De l’extérieur, l’anorexie ressemble à un refus. De l’intérieur, elle ressemble souvent à un refuge : contrôler l’alimentation apaise, donne un sentiment de maîtrise, de mérite, de sécurité. Voilà ce qui la rend si difficile à lâcher. Loin d’un caprice ou d’une recherche d’attention, l’anorexie est un trouble reconnu, décrit par la Haute Autorité de Santé et étudié par l’Inserm. Elle peut toucher tous les milieux, tous les âges et aussi les garçons.

Parents : pourquoi le bras de fer ne fonctionne pas

Face à un enfant qui ne mange plus, l’instinct pousse à insister, surveiller, supplier. Ces réactions sont compréhensibles et elles épuisent tout le monde, parce que le trouble se renforce sous la pression. Ce qui aide : garder le lien en dehors des repas, éviter les commentaires sur le corps et sur l’assiette, nommer l’inquiétude avec des mots simples et consulter sans attendre. Plus la prise en charge commence tôt, meilleures sont les chances de guérison. Un premier rendez-vous est possible même si votre enfant refuse de venir : poser la situation avec un professionnel aide déjà à savoir quoi faire.

Le suivi médical d’abord

L’anorexie retentit sur tout le corps : le cœur, les os, les hormones, le cerveau. Un suivi médical régulier est indispensable, pour les adultes comme pour les adolescentes. La Haute Autorité de Santé recommande une prise en charge qui associe médecin, accompagnement diététique et travail psychologique. Mon accompagnement s’inscrit dans ce cadre : il complète le suivi médical et ne le remplace jamais.

Si vous traversez des pensées très sombres, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé.

Comment je vous accompagne

Je suis diététicienne diplômée d’État et psychopraticienne. Cette double formation me permet de travailler à la fois la relation à l’alimentation et ce qui se joue derrière : les peurs, le besoin de contrôle, l’image du corps, les émotions.

Vous pouvez venir avec vos doutes : l’ambivalence fait partie du trouble et elle a toute sa place en séance. Il n’y a chez moi ni jugement ni contrainte. Nous avançons au rythme qui est possible pour vous : réintroduire de la sécurité dans l’alimentation, apaiser les peurs, retrouver des sensations, reconstruire la confiance. Pour les adolescentes et les adolescents, je travaille aussi avec les parents, parce que leur rôle dans le rétablissement est précieux.

Les consultations ont lieu en téléconsultation partout dans la francophonie ou au cabinet à Bastia, en lien avec le médecin qui vous suit. N’hésitez pas à m’écrire si vous souhaitez échanger et éventuellement convenir d’un premier rendez-vous téléphonique gratuit.

Questions fréquentes

Je ne me trouve pas si maigre. Suis-je vraiment concernée ?

Le doute fait partie du trouble : le regard porté sur son propre corps est précisément ce que l'anorexie déforme. Les comportements comptent davantage que l'apparence : restriction qui s'intensifie, peur de prendre du poids, pensées envahissantes autour de la nourriture. Si ces signes vous parlent, un échange avec un professionnel permet d'y voir plus clair, sans engagement.

J'ai peur d'être forcée à manger ou de grossir d'un coup.

Rien ne se fait sous la contrainte : chaque étape se décide avec vous, à un rythme que votre corps et votre esprit peuvent suivre. La renutrition, quand elle est nécessaire, se fait progressivement et sous suivi médical.

Mon enfant refuse de consulter. Que puis-je faire ?

Venir vous-même. Un rendez-vous de parents permet de poser la situation, de comprendre le trouble et de repartir avec des repères concrets pour la maison. Le refus de soin fait souvent partie de l'anorexie et il évolue : votre façon d'en parler peut ouvrir une porte.

L'anorexie de mon enfant est-elle ma faute ?

Non. Cette question habite presque toutes les mères et beaucoup de pères. Les recherches sont claires : l'anorexie naît de la rencontre entre un terrain propre à chaque personne et de nombreux facteurs, parmi lesquels la génétique, le tempérament, le contexte, les événements de vie. Les théories qui accusaient les mères ont été abandonnées. Ce que montrent les études d'aujourd'hui : les parents font partie de la solution et leur implication améliore le rétablissement, surtout chez les adolescentes.

Est-ce que l'anorexie se guérit vraiment ?

Oui. La majorité des personnes accompagnées voient leur état s'améliorer durablement et beaucoup guérissent complètement. La guérison reste possible même après des années. Plus l'accompagnement commence tôt, plus elle est rapide.

Combien de temps dure un accompagnement ?

Plus longtemps que pour les autres troubles alimentaires : le travail se compte en mois, souvent davantage, parce qu'il touche à des mécanismes profonds. Les progrès se ressentent bien avant la fin du parcours.

La téléconsultation est-elle adaptée à l'anorexie ?

Oui, à une condition : un suivi médical régulier près de chez vous, parce que le corps doit être surveillé par un médecin. La visio permet ensuite un accompagnement régulier, où que vous soyez dans la francophonie.

Anne-Laure Dalbe, diététicienne diplômée d'État et psychopraticienne, spécialisée dans les troubles des conduites alimentaires. Consultations à Bastia et en téléconsultation dans toute la francophonie.

Sources : Haute Autorité de Santé, Anorexie mentale : prise en charge, recommandations de bonne pratique, 2010. Inserm, dossier Troubles des conduites alimentaires. Fairburn, Cognitive Behavior Therapy and Eating Disorders, Guilford Press, 2008.