Reconnaître la boulimie
La boulimie associe deux mécanismes : des crises, avec une quantité de nourriture importante avalée en peu de temps et un sentiment de perte de contrôle, puis des comportements pour compenser : vomissements provoqués, jeûne, restriction sévère, exercice physique intensif, laxatifs. Quand ces épisodes se répètent au moins une fois par semaine pendant plusieurs mois, les professionnels de santé parlent de boulimie.
Le trouble débute souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Il se voit rarement sur le corps, ce qui rend la boulimie invisible : il est possible de souffrir énormément sans que rien ne paraisse. À la différence de l’hyperphagie boulimique, les crises sont suivies de compensations.
Ce que la compensation fait vraiment
Se faire vomir semble annuler la crise. En réalité, la compensation entretient le trouble : elle apaise la peur sur le moment et rend la crise suivante plus facile, puisque tout paraît rattrapable. Elle est aussi bien moins efficace que ce que le cerveau croit : une partie de ce qui est mangé reste absorbée, quelle que soit la méthode.
Les compensations répétées abîment le corps : les dents, la gorge, le système digestif, parfois le cœur, à cause des pertes en minéraux. Ces conséquences se prennent en charge et un suivi médical en parallèle est précieux, même après des années.
Le cercle qui entretient les crises
Tout commence par la restriction, réelle et/ou mentale : sauter des repas, supprimer des aliments, se juger à chaque bouchée, penser en permanence « je ne devrais pas ». Cette restriction prépare la crise. La crise appelle la compensation. Et la compensation renforce la restriction, puisqu’elle promet d’effacer ce qui vient de se passer. Le cercle se referme et se resserre à chaque tour.
Les émotions l’alimentent : stress, solitude, colère, vide, fatigue. La crise devient un moyen rapide de s’apaiser parce qu’elle fonctionne, au moins quelques minutes.
Pourquoi les régimes aggravent le problème
Plus la restriction s’installe, plus les crises se renforcent. Voilà pourquoi les régimes échouent : ils nourrissent précisément ce qui déclenche les crises. La recherche sur les troubles alimentaires place la levée de la restriction au cœur du traitement de la boulimie.
Comment s’en sortir : ce qui fonctionne
Retrouver une régularité alimentaire : remettre des repas à des moments réguliers pour que le corps sorte de l’alternance privation-crise.
Lever les interdits progressivement : réintroduire les aliments diabolisés pour qu’ils perdent leur pouvoir de déclencheur.
Espacer les compensations : cela se travaille pas à pas, avec un accompagnement, jamais sous la contrainte.
Travailler sur les émotions : les reconnaître, affiner la conscience de ce qui se joue en soi et trouver peu à peu d’autres façons d’y répondre qu’une crise.
Se faire accompagner : la Haute Autorité de Santé recommande une prise en charge qui associe suivi médical, accompagnement diététique et travail psychologique. Vous n’avez pas à porter cela seule.
Si vous traversez des pensées très sombres, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé.
Comment je vous accompagne
Je suis diététicienne diplômée d’État et psychopraticienne. Cette double formation me permet de travailler les deux faces du trouble : ce qui se passe dans l’assiette et ce qui se passe en vous.
Dans mon accompagnement, il n’y a pas de régime, pas de plan alimentaire imposé, pas de pesée obligatoire et pas de jugement. Ce que vous me confierez, je l’ai déjà entendu : rien de ce qui se passe pendant une crise ne me choquera. Nous avançons à votre rythme : comprendre les crises, restaurer une alimentation suffisante et régulière, espacer les compensations, apaiser la honte, travailler sur les émotions.
Les consultations ont lieu en téléconsultation partout dans la francophonie ou au cabinet à Bastia. N’hésitez pas à m’écrire si vous souhaitez échanger et éventuellement convenir d’un premier rendez-vous téléphonique gratuit.