Reconnaître une crise d’hyperphagie
Une crise d’hyperphagie se reconnaît à deux choses : une quantité de nourriture importante avalée en peu de temps et surtout un sentiment de perte de contrôle. Manger vite, souvent sans faim, parfois en cachette, continuer jusqu’à un inconfort physique pénible : la crise ressemble souvent à cela. Après elle peuvent venir le dégoût de soi, la honte, la culpabilité.
Quand les crises se répètent au moins une fois par semaine pendant plusieurs mois, les professionnels de santé parlent d’hyperphagie boulimique, le plus fréquent des troubles des conduites alimentaires. Il concerne des femmes et des hommes, à tout âge, quelle que soit la silhouette. À la différence de la boulimie, les crises ne sont pas suivies de vomissements ni d’autres comportements pour compenser.
La volonté n’est pas le problème
L’hyperphagie boulimique est un trouble reconnu, décrit par la Haute Autorité de Santé et étudié par l’Inserm. Rien à voir avec la gourmandise ni avec un défaut de caractère. La plupart des personnes qui vivent des crises déploient au quotidien une volonté considérable : tenir, se contrôler, se priver. L’interdit et les émotions non écoutées finissent par provoquer les crises.
Le cercle qui entretient les crises
La restriction est le premier maillon. Elle peut être réelle et/ou mentale. Réelle : sauter des repas, manger trop peu, supprimer des catégories entières d’aliments. Mentale : s’interdire certains aliments, se juger à chaque bouchée, penser en permanence « je ne devrais pas ». Les spécialistes appellent cela la restriction cognitive. Elle peut exister sans privation visible : il est possible de manger un aliment tout en se l’interdisant intérieurement et c’est précisément cet interdit qui prépare la crise suivante.
L’interdit rend l’aliment obsédant. Il transforme le moindre écart en échec : « puisque c’est raté, autant continuer ». Chez certaines personnes s’ajoute un manque bien réel, quand l’alimentation de la journée est insuffisante et que le corps réclame. Puis viennent la culpabilité, le jugement de soi, la promesse de mieux se contrôler demain. Et le cercle recommence.
Les émotions renforcent ce cercle : stress, ennui, solitude, colère, fatigue. La nourriture devient un moyen rapide de s’apaiser parce qu’elle fonctionne, au moins quelques minutes.
Pourquoi les régimes aggravent le problème
Le point le plus contre-intuitif : plus la restriction s’installe, plus les crises se renforcent. La restriction, réelle et/ou mentale, est le principal carburant des crises. Voilà pourquoi les régimes et les programmes stricts échouent : ils s’attaquent au symptôme en nourrissant la cause. La recherche sur les troubles alimentaires, notamment les travaux fondateurs des thérapies comportementales et cognitives, place la levée de la restriction au cœur du traitement.
Comment s’en sortir : ce qui fonctionne
La sortie des crises repose sur des étapes concrètes et progressives.
Retrouver une régularité alimentaire : remettre des repas à des moments réguliers de la journée pour que le corps cesse d’être en alerte.
Sortir de la logique d’interdits : réintroduire progressivement les aliments diabolisés pour qu’ils perdent leur pouvoir de déclencheur.
Comprendre les crises : repérer les situations, les pensées et les émotions qui les précèdent ainsi que le besoin auquel elles répondent.
Travailler sur les émotions : les reconnaître, affiner la conscience de ce qui se joue en soi et trouver peu à peu d’autres façons d’y répondre qu’une crise.
Se faire accompagner : la Haute Autorité de Santé recommande une prise en charge qui associe suivi médical, accompagnement diététique et travail psychologique. Vous n’avez pas à faire ce chemin seule.
Si vous traversez des pensées très sombres, parlez-en sans attendre à un professionnel de santé.
Comment je vous accompagne
Je suis diététicienne diplômée d’État et psychopraticienne. Cette double formation me permet de travailler les deux faces du trouble : ce qui se passe dans l’assiette et ce qui se passe en vous.
Dans mon accompagnement, il n’y a pas de régime, pas de plan alimentaire imposé, pas de pesée obligatoire et pas de jugement. Nous avançons à votre rythme : comprendre les crises, restaurer une alimentation suffisante et régulière, apaiser la culpabilité, travailler sur les émotions.
Les consultations ont lieu en téléconsultation partout dans la francophonie ou au cabinet à Bastia. N’hésitez pas à m’écrire si vous souhaitez échanger et éventuellement convenir d’un premier rendez-vous téléphonique gratuit.